Le procès
Par Eulalie, jeudi 19 janvier 2006 à 00:54 :: Journal :: #412 :: rss
Intérieur, soirée. Le rideau se lève sur la 66ème minute du match de football qui oppose Monaco à Toulouse. Titou sors de la cuisine en trombe et fixe la télévision. Il frappe violemment le dossier du canapé. Eulalie, assise, était à ses recherches de FAI.
Titou, agacé - Enfer et damnation ! C’est infernal ! Cela fait 1h15 que je suis dans le salon avec le match de foot, je n’ai pas bougé une seule fois, le match est ennuyeux, le score reste 0-0, et il a suffit que je sorte de la pièce 20 SECONDES pour qu’il y ait but !
Lilli, habituée - C’est toi qui es infernal ; tu connais parfaitement cette loi, et tu t’obstines tout de même à sortir de la pièce.
Titou, grave – Parfois, un homme doit sortir de la pièce.
Lilli, dure – Cette excuse n’est pas recevable. Si tu étais au stade, tu ne serais pas sorti. Tu serais resté assis.
Titou, accablé – Non, mais là, j’ai faim.
Lilli, blasée – Cela fait 5 ans que tu me répètes cette loi en t’indignant, il faut désormais que tu tires des enseignements de tout ça et que tu prennes tes dispositions, mon grand. Quand on connaît les conséquences que peuvent avoir nos actions, on agit de façon à ce que nos actions n’aient pas les conséquences que l’on redoute.
Titou, se justifiant – Non, mais c’est pénible, mais pas aussi pénible que de rester bloqué 1h30 dans son salon, donc c’est pénible, mais ça serait plus pénible de l’éviter.
Lilli, déduisant – Alors arrête de râler, René.
Titou, agacé – Non, je râle parce que c’est une situation pénible et j’ai le doit de râler quand même !!!!!
Lilli, expliquant – Si tu n’es pas disposé à l’éviter, c’est donc que tu l’acceptes, donc tu ne peux pas râler.
Titou, crispé – Mais si je peux râler ! Je râle comme lorsque je suis confronté à n’importe quelle situation pénible !
Lilli, développant – Mais non ! Tu es confronté à une situation pénible > tu râles > tu essaies de trouver une solution pour ne pas avoir à revivre cette situation > il y a une solution > tu n’es pas disposé à l’appliquer > tu connais les conséquences de sa non application > tu le fais quand même > tu te tais. Tu peux râler si tu es confronté à une situation que tu n’as jamais rencontrée auparavant et que tu ne sais pas comment contrer, là, oui. Mais sinon, non.
Titou, râleur – Tu es pénible à toujours m’empêcher de râler.
Lilli, pragmatique – Je ne suis pas pénible, je suis pragmatique.
Titou, contestataire – Tu es pragmatique, mais tu as tort.
Lilli, humble – non, j’ai raison, et c’est parce que tu sais que j’ai raison que tu me trouves pénible et que tu penses que j’ai tort.
Titou, péremptoire – Non.
Lilli, bornée – Si. Juste que tu es trop borné pour le reconnaître.
Titou, se défendant – Non. D’ailleurs, tu fais parfois la même chose que ce que je viens de faire, et je ne te dis pas de te taire. Ça prouve qu’on a le droit de râler.
Lilli, insurgée – Je m’insurge. Ne regardant jamais le foot, je ne sors jamais de la pièce alors que l’attaquant finit par monter aux buts, donc je ne rate jamais de but, donc je ne râle pas, donc il est logique que tu ne me dises jamais de me taire, puisque je ne le fais jamais. Va falloir trouver mieux mon petit bonhomme.
Titou, mauvaise foi – Si tu le fais ! J’ai la preuve !
Lilli, charitable – Le jury demande à voir la preuve, et consentira à l’ajouter au dossier et à en débattre si elle s’avère pertinente et recevable. Ce qui est une faveur étant donné qu’elle n’a pas été annoncée au préalable.
Titou, développant – Quand tu me dis « J’en ai marre, je suis un tas », ce qui est ENTIEREMENT faux, tu fais EXACTEMENT la même chose.
Lilli, décisionnaire – Le jury étudie la preuve. Le jury refuse la preuve : il serait trop long de débattre sur ce sujet. Il faudrait pour cela définir la conception du « tas », conception qui peut varier selon les individus. Nous aurions en plus besoin d’un nombre impair d’experts et de psychologues, et nous ne les avons pas ce soir.
Titou, révolté – Objection ! L’accusation essaie de noyer le poisson !
Lilli, autoritaire – Cela suffit, Maître, l’accusation ne noie rien du tout, c’est le jury qui a décidé en son âme et conscience ! Si vous continuez à proférer des calomnies, je demande un ajournement d’audience !
Titou, arguant – La défense tient à faire remarquer que le terme « tas » n’est pas systématiquement celui employé, on a aussi entendu « trop grosse », « j’aime pas mon bide » ou encore « mes pantalons ont encore rétréci », ce qui ne laisse pas de doute quand à l’idée que la plaignante tient à faire passer.
Lilli, solennelle – Ces termes ne pourront faire l’objet d’un débat en l’absence d’expertise. C’est bien trop conceptuel alors que nous traitons un sujet concret.
En l’absence de preuve digne de ce nom, donc, le juge va rendre son verdict.
« Monsieur Titou *** *** est sommé d’arrêter de râler lorsqu’un but est marqué alors qu’il a quitté la pièce parce qu’il n’avait pas pris de dispositions élémentaires pour ne pas avoir à le faire. Séance levée. »
Titou, indigné – C’est une parodie de justice ! Si c’est comme ça je vais manger ! Dictatrice !
Lilli, paisible – Justice a été rendue.
Titou, à la charge – Tu sais ce qui est pénible ?
Lilli, dans un soupir – Oui. Toi.
Titou, joueur – Nan.
Lilli, assurée – Ah, si.
Titou, vif – Nan. C’est qu’il y a toujours un but quand je sors de la pièce. C’est relouuuuuuu !!
Titou part en courant.
Eulalie soupire.
Le rideau se ferme.
Titou, agacé - Enfer et damnation ! C’est infernal ! Cela fait 1h15 que je suis dans le salon avec le match de foot, je n’ai pas bougé une seule fois, le match est ennuyeux, le score reste 0-0, et il a suffit que je sorte de la pièce 20 SECONDES pour qu’il y ait but !
Lilli, habituée - C’est toi qui es infernal ; tu connais parfaitement cette loi, et tu t’obstines tout de même à sortir de la pièce.
Titou, grave – Parfois, un homme doit sortir de la pièce.
Lilli, dure – Cette excuse n’est pas recevable. Si tu étais au stade, tu ne serais pas sorti. Tu serais resté assis.
Titou, accablé – Non, mais là, j’ai faim.
Lilli, blasée – Cela fait 5 ans que tu me répètes cette loi en t’indignant, il faut désormais que tu tires des enseignements de tout ça et que tu prennes tes dispositions, mon grand. Quand on connaît les conséquences que peuvent avoir nos actions, on agit de façon à ce que nos actions n’aient pas les conséquences que l’on redoute.
Titou, se justifiant – Non, mais c’est pénible, mais pas aussi pénible que de rester bloqué 1h30 dans son salon, donc c’est pénible, mais ça serait plus pénible de l’éviter.
Lilli, déduisant – Alors arrête de râler, René.
Titou, agacé – Non, je râle parce que c’est une situation pénible et j’ai le doit de râler quand même !!!!!
Lilli, expliquant – Si tu n’es pas disposé à l’éviter, c’est donc que tu l’acceptes, donc tu ne peux pas râler.
Titou, crispé – Mais si je peux râler ! Je râle comme lorsque je suis confronté à n’importe quelle situation pénible !
Lilli, développant – Mais non ! Tu es confronté à une situation pénible > tu râles > tu essaies de trouver une solution pour ne pas avoir à revivre cette situation > il y a une solution > tu n’es pas disposé à l’appliquer > tu connais les conséquences de sa non application > tu le fais quand même > tu te tais. Tu peux râler si tu es confronté à une situation que tu n’as jamais rencontrée auparavant et que tu ne sais pas comment contrer, là, oui. Mais sinon, non.
Titou, râleur – Tu es pénible à toujours m’empêcher de râler.
Lilli, pragmatique – Je ne suis pas pénible, je suis pragmatique.
Titou, contestataire – Tu es pragmatique, mais tu as tort.
Lilli, humble – non, j’ai raison, et c’est parce que tu sais que j’ai raison que tu me trouves pénible et que tu penses que j’ai tort.
Titou, péremptoire – Non.
Lilli, bornée – Si. Juste que tu es trop borné pour le reconnaître.
Titou, se défendant – Non. D’ailleurs, tu fais parfois la même chose que ce que je viens de faire, et je ne te dis pas de te taire. Ça prouve qu’on a le droit de râler.
Lilli, insurgée – Je m’insurge. Ne regardant jamais le foot, je ne sors jamais de la pièce alors que l’attaquant finit par monter aux buts, donc je ne rate jamais de but, donc je ne râle pas, donc il est logique que tu ne me dises jamais de me taire, puisque je ne le fais jamais. Va falloir trouver mieux mon petit bonhomme.
Titou, mauvaise foi – Si tu le fais ! J’ai la preuve !
Lilli, charitable – Le jury demande à voir la preuve, et consentira à l’ajouter au dossier et à en débattre si elle s’avère pertinente et recevable. Ce qui est une faveur étant donné qu’elle n’a pas été annoncée au préalable.
Titou, développant – Quand tu me dis « J’en ai marre, je suis un tas », ce qui est ENTIEREMENT faux, tu fais EXACTEMENT la même chose.
Lilli, décisionnaire – Le jury étudie la preuve. Le jury refuse la preuve : il serait trop long de débattre sur ce sujet. Il faudrait pour cela définir la conception du « tas », conception qui peut varier selon les individus. Nous aurions en plus besoin d’un nombre impair d’experts et de psychologues, et nous ne les avons pas ce soir.
Titou, révolté – Objection ! L’accusation essaie de noyer le poisson !
Lilli, autoritaire – Cela suffit, Maître, l’accusation ne noie rien du tout, c’est le jury qui a décidé en son âme et conscience ! Si vous continuez à proférer des calomnies, je demande un ajournement d’audience !
Titou, arguant – La défense tient à faire remarquer que le terme « tas » n’est pas systématiquement celui employé, on a aussi entendu « trop grosse », « j’aime pas mon bide » ou encore « mes pantalons ont encore rétréci », ce qui ne laisse pas de doute quand à l’idée que la plaignante tient à faire passer.
Lilli, solennelle – Ces termes ne pourront faire l’objet d’un débat en l’absence d’expertise. C’est bien trop conceptuel alors que nous traitons un sujet concret.
En l’absence de preuve digne de ce nom, donc, le juge va rendre son verdict.
« Monsieur Titou *** *** est sommé d’arrêter de râler lorsqu’un but est marqué alors qu’il a quitté la pièce parce qu’il n’avait pas pris de dispositions élémentaires pour ne pas avoir à le faire. Séance levée. »
Titou, indigné – C’est une parodie de justice ! Si c’est comme ça je vais manger ! Dictatrice !
Lilli, paisible – Justice a été rendue.
Titou, à la charge – Tu sais ce qui est pénible ?
Lilli, dans un soupir – Oui. Toi.
Titou, joueur – Nan.
Lilli, assurée – Ah, si.
Titou, vif – Nan. C’est qu’il y a toujours un but quand je sors de la pièce. C’est relouuuuuuu !!
Titou part en courant.
Eulalie soupire.
Le rideau se ferme.
Commentaires
1. Le jeudi 19 janvier 2006 à 06:23 pétantes, delest a déclaré :
2. Le jeudi 19 janvier 2006 à 07:47 pétantes, ln a déclaré :
3. Le jeudi 19 janvier 2006 à 08:25 pétantes, Hobiecat a déclaré :
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34. Le dimanche 22 janvier 2006 à 19:59 pétantes, delest a déclaré :
35. Le mardi 24 janvier 2006 à 19:10 pétantes, DCESS a déclaré :
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