Le Comte était bon
Par Monsieur Muche, mardi 2 mai 2006 à 23:56 :: Brossez-vous les décadents :: #462 :: rss
De : Caporal Muche
A : QG des carnetistes de tous horizons.
Objet : CR de bataille.
Carnetistes,
Détaché par la Commandante Eulalie du champ des opérations en cours contre les forces ennemies, je viens vous faire un rapport officiel sur le déroulement de la bataille.
J-2, fin de mâtinée : premières escarmouches contre quelques éléments d’une grille facile qui nous attendaient en embuscade derrière un canapé. Fort heureusement, malgré cette traîtrise, nous nous en sortons sans trop de dommages. Une mine cassée, un crayon mordillé et une injure lâchée sont à compter au nombre des pertes. Nous pensons que ce n’est là qu’une ruse destinée à tester nos forces.
J-2, milieu de l’après midi : notre analyse est la bonne. A la remontée de l’escalier, dans le grand espace dégagée de la chambre nous attendaient deux divisions de grilles lourdes cachant notre cible finale. Nous ne pouvons à cette heure déterminer la nature de ses forces. Néanmoins le moral est bon. Nous décidons d’établir notre camp de base à la vue de l’ennemi.
J-2, milieu de soirée : après une étude tactique rondement menée, notre Commandante sonne l’assaut sur la première cible la DB d’enfanterie dirigée par le tristement célèbre Colonel Priz De Têt. Une charge éclair fait des ravages dans la première grille. Beaucoup de chiffres tombent. Grisé par ce résultat nous nous enflammons. Hélas, l’ennemi garde la tête froide, tandis que nous nous éparpillons en de vaines attaques, il reste discipliné et défend vaillamment la moindre case. Nos pertes commencent à égaler les leurs, une feuille entière est tombée au champ d’honneur, criblée de ratures et de chiffres griffonnés. La Commandante réagit et ordonne un pilonnage systématique de toutes les colonnes. Et finalement, après un combat acharné, la première grille tombe. Nous nous retirons pour compter nos morts, soigner nos blessés et nous reposer.
J-1, midi : l’objectif d’aujourd’hui est le deuxième régiment de grille armée jusqu’aux dents du Maréchal Traudure. Echaudée par les difficultés de la veille, la Commandante met en place une stratégie moins directe. Elle envoie une escouade de taupes destinée à saper les premières lignes adverses. Puis, elle frappe systématiquement : colonnes, lignes, carrés3x3. Toujours dans cet ordre. Comme la veille, la résistance est rude, mais nous sommes prévenus. Nous serrons les rangs ainsi que les dents et avançons inexorablement. Le sol est jonché de critériums, les murs tremblent du fracas des jurons proférés. De temps en temps, nous devons reculer pour mieux contourner des poches de résistance acharnée. Derrière, l’intendance se révèle déficiente, suite au détournement d’un convoi d’approvisionnement, le goûter de 16h30 est repoussé à 17 heures. Le Général des Logis Papou sera gravement châtié pour avoir dégusté la tartine qui ne lui était pas destiné. Le moral flanche, un cahier de brouillon est menacé d’exécution pour désertion. Nous n’avançons plus, une guerre d’usure commence.
J-1, 23h45 : une percée inespérée des Tipp-Ex lézarde les rangs adverses, leurs chiffres tombent les uns après les autres. Après presque douze heures, la deuxième grille rend finalement les armes en moins de dix minutes. C’est un triomphe inattendu. Nous nous retirons pour la nuit.
J, 14h : la Commandante se tient le dos raide et les yeux rougis sur son fidèle destrier. Ses traits sont tirés. Elle fait craquer sa nuque. Nous sommes face à notre destin : la place forte Diabolique tenue par le cruel Comte Su Doku lui-même, chef suprême des armées ennemies.
La même tactique que la veille est décidée, bien que nos rangs soient beaucoup plus clairsemés. Une troupe novice de jeunes gommes fraîches a été enrôlée d’urgence et malheureusement de force. Hélas, les sapeurs reviennent avec de maigres résultats. Seulement sept chiffres adverses ont cédé. Nous nous élançons.
Après quatre heures de combat acharné, le bilan est catastrophique. Nous avons perdu la moitié de nos gommes, le taille crayon est au bout du rouleau, il n’y a plus une goutte de Tipp-Ex et plus aucun juron en stock. Il nous reste trois mines, deux petites feuilles et une pauvre gommette égarée.
En face, les pertes se comptent sur les doigts de deux mains tout rond.
La retraite est sonnée, nous nous retirons dans le salon. Les profils sont bas, mais nous décidons de finir héroïquement. Alors que l’ultime charge se prépare, nous avisons dans le placard un régiment de crayons de couleurs laissés par le Tyran Bulle.
La Commandante profite de ses forces fraîches pour tester une audacieuse tactique chromatique. Perturbés par cette approche inédite, les rangs adverses se désorganisent. Les 5 cèdent en premiers, suivent rapidement les 1, 2 et 9. Ragaillardis par ce succès, nous enfonçons les 7 sur le flanc tandis que les 4 sont pris en tenailles. Deux heures après, c’est la capitulation, les 3, 6 et 8 signent l’armistice. Le comte Su Doku est vaincu et destitué.
J, 22h : je commence la rédaction du présent rapport. Certes, nous avons triomphé des forces maléfiques et là où régnaient les ténèbres c’est maintenant la clarté qui prédomine. Mais à quel prix. Nous ne disposons plus que de quelques éléments et si l’on en croit les sinistres rumeurs en provenance de la cuisine, le Baron Mo Fléchay préparerait une offensive contre nous. Or, en cet instant la Commandante Eulalie est plongée dans un état semi comateux d’où elle ne sort que pour maugréer une litanie de chiffres incompréhensibles. Nous n’avons peut-être plus de chef, l’heure est grave.
Salutations,
Caporal Muche
A : QG des carnetistes de tous horizons.
Objet : CR de bataille.
Carnetistes,
Détaché par la Commandante Eulalie du champ des opérations en cours contre les forces ennemies, je viens vous faire un rapport officiel sur le déroulement de la bataille.
J-2, fin de mâtinée : premières escarmouches contre quelques éléments d’une grille facile qui nous attendaient en embuscade derrière un canapé. Fort heureusement, malgré cette traîtrise, nous nous en sortons sans trop de dommages. Une mine cassée, un crayon mordillé et une injure lâchée sont à compter au nombre des pertes. Nous pensons que ce n’est là qu’une ruse destinée à tester nos forces.
J-2, milieu de l’après midi : notre analyse est la bonne. A la remontée de l’escalier, dans le grand espace dégagée de la chambre nous attendaient deux divisions de grilles lourdes cachant notre cible finale. Nous ne pouvons à cette heure déterminer la nature de ses forces. Néanmoins le moral est bon. Nous décidons d’établir notre camp de base à la vue de l’ennemi.
J-2, milieu de soirée : après une étude tactique rondement menée, notre Commandante sonne l’assaut sur la première cible la DB d’enfanterie dirigée par le tristement célèbre Colonel Priz De Têt. Une charge éclair fait des ravages dans la première grille. Beaucoup de chiffres tombent. Grisé par ce résultat nous nous enflammons. Hélas, l’ennemi garde la tête froide, tandis que nous nous éparpillons en de vaines attaques, il reste discipliné et défend vaillamment la moindre case. Nos pertes commencent à égaler les leurs, une feuille entière est tombée au champ d’honneur, criblée de ratures et de chiffres griffonnés. La Commandante réagit et ordonne un pilonnage systématique de toutes les colonnes. Et finalement, après un combat acharné, la première grille tombe. Nous nous retirons pour compter nos morts, soigner nos blessés et nous reposer.
J-1, midi : l’objectif d’aujourd’hui est le deuxième régiment de grille armée jusqu’aux dents du Maréchal Traudure. Echaudée par les difficultés de la veille, la Commandante met en place une stratégie moins directe. Elle envoie une escouade de taupes destinée à saper les premières lignes adverses. Puis, elle frappe systématiquement : colonnes, lignes, carrés3x3. Toujours dans cet ordre. Comme la veille, la résistance est rude, mais nous sommes prévenus. Nous serrons les rangs ainsi que les dents et avançons inexorablement. Le sol est jonché de critériums, les murs tremblent du fracas des jurons proférés. De temps en temps, nous devons reculer pour mieux contourner des poches de résistance acharnée. Derrière, l’intendance se révèle déficiente, suite au détournement d’un convoi d’approvisionnement, le goûter de 16h30 est repoussé à 17 heures. Le Général des Logis Papou sera gravement châtié pour avoir dégusté la tartine qui ne lui était pas destiné. Le moral flanche, un cahier de brouillon est menacé d’exécution pour désertion. Nous n’avançons plus, une guerre d’usure commence.
J-1, 23h45 : une percée inespérée des Tipp-Ex lézarde les rangs adverses, leurs chiffres tombent les uns après les autres. Après presque douze heures, la deuxième grille rend finalement les armes en moins de dix minutes. C’est un triomphe inattendu. Nous nous retirons pour la nuit.
J, 14h : la Commandante se tient le dos raide et les yeux rougis sur son fidèle destrier. Ses traits sont tirés. Elle fait craquer sa nuque. Nous sommes face à notre destin : la place forte Diabolique tenue par le cruel Comte Su Doku lui-même, chef suprême des armées ennemies.
La même tactique que la veille est décidée, bien que nos rangs soient beaucoup plus clairsemés. Une troupe novice de jeunes gommes fraîches a été enrôlée d’urgence et malheureusement de force. Hélas, les sapeurs reviennent avec de maigres résultats. Seulement sept chiffres adverses ont cédé. Nous nous élançons.
Après quatre heures de combat acharné, le bilan est catastrophique. Nous avons perdu la moitié de nos gommes, le taille crayon est au bout du rouleau, il n’y a plus une goutte de Tipp-Ex et plus aucun juron en stock. Il nous reste trois mines, deux petites feuilles et une pauvre gommette égarée.
En face, les pertes se comptent sur les doigts de deux mains tout rond.
La retraite est sonnée, nous nous retirons dans le salon. Les profils sont bas, mais nous décidons de finir héroïquement. Alors que l’ultime charge se prépare, nous avisons dans le placard un régiment de crayons de couleurs laissés par le Tyran Bulle.
La Commandante profite de ses forces fraîches pour tester une audacieuse tactique chromatique. Perturbés par cette approche inédite, les rangs adverses se désorganisent. Les 5 cèdent en premiers, suivent rapidement les 1, 2 et 9. Ragaillardis par ce succès, nous enfonçons les 7 sur le flanc tandis que les 4 sont pris en tenailles. Deux heures après, c’est la capitulation, les 3, 6 et 8 signent l’armistice. Le comte Su Doku est vaincu et destitué.
J, 22h : je commence la rédaction du présent rapport. Certes, nous avons triomphé des forces maléfiques et là où régnaient les ténèbres c’est maintenant la clarté qui prédomine. Mais à quel prix. Nous ne disposons plus que de quelques éléments et si l’on en croit les sinistres rumeurs en provenance de la cuisine, le Baron Mo Fléchay préparerait une offensive contre nous. Or, en cet instant la Commandante Eulalie est plongée dans un état semi comateux d’où elle ne sort que pour maugréer une litanie de chiffres incompréhensibles. Nous n’avons peut-être plus de chef, l’heure est grave.
Salutations,
Caporal Muche
Commentaires
1. Le mercredi 3 mai 2006 à 01:03 pétantes, Timohel a déclaré :
2. Le mercredi 3 mai 2006 à 01:20 pétantes, Loreal a déclaré :
3. Le mercredi 3 mai 2006 à 02:10 pétantes, Leto a déclaré :
4. Le mercredi 3 mai 2006 à 08:11 pétantes, MilkaZen a déclaré :
5. Le mercredi 3 mai 2006 à 08:40 pétantes, Dépécé a déclaré :
6. Le mercredi 3 mai 2006 à 08:43 pétantes, Dépécé a déclaré :
7. Le mercredi 3 mai 2006 à 11:37 pétantes, chupamarj a déclaré :
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10. Le mercredi 3 mai 2006 à 13:30 pétantes, Ich a déclaré :
11. Le mercredi 3 mai 2006 à 13:58 pétantes, Fuzzi a déclaré :
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14. Le mercredi 3 mai 2006 à 22:08 pétantes, Camille des iles a déclaré :
15. Le mercredi 3 mai 2006 à 22:19 pétantes, ulfablabla a déclaré :
16. Le mercredi 3 mai 2006 à 22:36 pétantes, delest a déclaré :
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19. Le jeudi 4 mai 2006 à 00:57 pétantes, So a déclaré :
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21. Le jeudi 4 mai 2006 à 09:59 pétantes, Dépécé a déclaré :
22. Le jeudi 4 mai 2006 à 17:48 pétantes, drenka a déclaré :
23. Le jeudi 4 mai 2006 à 17:57 pétantes, Eulalie a déclaré :
24. Le jeudi 4 mai 2006 à 18:23 pétantes, drenka a déclaré :
25. Le jeudi 4 mai 2006 à 21:47 pétantes, peebee a déclaré :
26. Le samedi 6 mai 2006 à 16:24 pétantes, Crooke a déclaré :
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