
16 janvier 2008, 8h40
Depuis l’annonce de
la sinistre nouvelle, je me réfugie dans le sommeil pour oublier ma peine. Mais là où Jacquette, ma chère conscience, accepte la fatalité sans même se rebeller, mon inconscient refuse de se laisser faire et repousse nuit après nuit les limites de la physique chimie et du bœuf bourguignon pour trouver une solution.
C’est ainsi que la semaine dernière, j’insérais du pain de mie dans mon boîtier de polaroïd. Devant le résultat peu concluant, j’allais même quérir chez Interdiscout (le magasin interdit aux scouts) une brioche spéciale. Malheureusement, le système de développement était à base de beurre de baratte et les tranches de pain ressortaient trop chaudes pour que le beurre puisse se fixer sans fondre.
Un échec.
Forte de ce constat, je ne me suis pas laissée faire et j’ai donc mis au point un révolutionnaire procédé à base de bœuf bourguignon et de briques en terre cuite. Mis à part le fait que les sujets et paysages se retrouvaient quelque peu dénaturés (les couleurs se bornant à un dégradé de marron et d’orange), cette « solution » présentait également le désavantage d’être très difficile à scotcher dans un carnet, la brique et ses bœufs carottes mesurant environ 7 cm.
Un échec.
Sur ce, la nuit dernière, il a fallu prendre le taureau par les cornes. J’ai donc accroché un petit réservoir rempli de crocodiles, de frites chimiques et de saucisson à la partie supérieure de l’intérieur du polaroid, mixture censée donner les pigments nécessaires à la coloration d’une pâte à base de fraises tagada. Suffisait de racler la couche de nutella pour voir apparaître la photo. Le souci des photos comestibles, c’est qu’elles sont très, très éphémères.
Sur le plan photographique, un échec.
Sur le plan gastronomique, un échec aussi, diront certains, mais on ne les écoutera pas, parce qu’ils n’ont même pas goûté.
Ah oui, au fait, je suis au régime. Ça se sent, peut-être, à défaut de se voir ?