Que penser lorsque Madame Agios, conseillère de la banque n°1, banque hébergeant mon compte sautillant, envoie un courrier avec entête et me tient précisément ce langage :
« Mademoiselle,
J’ai vainement cherché à vous joindre.
Je vous remercie de bien vouloir me communiquer votre numéro exact afin que je puisse actualiser vos coordonnées téléphoniques.
Dans l’attente de votre prochain contact, je vous prie d’agréer, Mademoiselle, l’expression de mes salutations distinguées »
Si j’étais raisonnable et détendue, je me dirais qu’elle souhaite simplement jouer à Monsieur Noisette et Madame Noix, qu’elle veut me parler de placements, d’assurance vie et de plan retraite, parce que je ne sais pas ce qui s’est passé, mais en ce moment il semble que tout le monde en veuille à mes bougies.
Mais je ne suis ni raisonnable, ni détendue, et je ne peux donc pas croire qu’elle souhaite m’informer que mon offre spéciale « La Jeune » qui me permettait d’avoir des places de ciné avec 0,05 % et des réducs sur les T. Shirts Com-8 arrive à expiration à cause de mon prochain anniv, et qu’à la place, elle me propose l’offre « Vieux Chnoques » avec des cours de chachacha et des réducs sur les attaché-cases.
J’ai ce don inné qu’est le monté de bourrichon en solitaire. Madame Agios a cherché à me joindre. Qu’ai je fait de mal ?
N’avais-je pas le droit de partir à la neige, conformément à un quelconque alinéa de l’assurance comprise dans ma carte bleue dont j’ignorais l’existence ? Vais-je donc devoir payer une somme exorbitante que me feront cracher mois après mois des avocats et des huissiers véreux jusqu’à la fin de ma misérable vie ?
Mon assurance dégâts corporels, suite à mes moult accidents, exige-t-elle que je porte un casque en toutes circonstances pour freiner les dépenses engendrées par les différents scanners que j’ai dû passer récemment ? Le casque sera-t-il choisi par une styliste bancaire, recalé du rayon « Deschiens » de H&M ?
Ai-je utilisé sans m’en rendre compte un chéquier qui ne m’appartenait pas et que la jeune fille du guichet m’a remis par mégarde ? Ai-je donc à rembourser à Mademoiselle Eilalue la somme de 1.785 euros majorée d’un taux d’intérêt légal de 3,75 % ?
Les scénarii, plus extravagants les uns que les autres, s’enchaînent dans ma tête depuis que j’ai reçu cette lettre… il y a maintenant une semaine. Aujourd’hui, je suis persuadée que les services spéciaux, alertés par Madame Agios, sont à ma recherche.
J’essaierai de demander un ordinateur avec connexion, quand je serai dans le couloir de la mort, pour délit de fuite de conseillère bancaire.