La galeriste et les Sécuriglands ™, 3ème épisode ; « Fourbe vengeance »

Sécuriconne, comme un ordre - tu m’fais l’numéro d’ma boite.
Lilli, sèche - non.
Sécuriconne, étonnée - j’ai b’soin d’les ap’ler, fais l’numéro ; 02…
Lilli, froide, l’interrompant - c’est pas mon boulot de composer le numéro de votre boite.
Sécuriconne, hébétée - j’ai b’soibn d’leur parler
Lilli, glaciale - vous avez un portable. Appelez-les depuis. Je ne veux pas occuper la ligne avec des communications qui ne sont pas professionnelles.
Sécuriconne, ennuyée - j’ai plus d’forfait
Lilli, occupée - c’est pas mon problème.

C’est petit, bas, mesquin, idiot, et en plus… ça ne soulage même pas. Mais voir sa tête de chien battu lorsqu’elle a pris son téléphone portable, ça n’a pas de prix.

Mam, légendaire blonde rédactrice de légendes choc en vacances

Déjantés

En réponse à ma note sur mon grand gala annuel d’anniversaire, Mamawasabichounet des bois, le 27 juillet 2005, à 10:59, heure de Paris, GMT + 1 (il pleut des cordes, on n’est pas en été), a déclaré : « Bon, pour ces bleus, bosses et compagnie... Qui danse aussi mal? Ou alors, tu as fait la fête sur un ring de boxe, ce qui est tout à fait plausible compte tenu du léger caractère déjanté que tu as. »

Vous me trouvez déjantée ? C’est parce que vous ne connaissez pas mes amis.

Une soirée avec mes amis, c’est wild. C’est débile. C’est n’importe quoi. Et c’est un peu violent, parfois. Si on n’a pas beaucoup d’espace, cela peut se résumer à chanter des chansons pourries à tue tête, à se balancer des verres (d’eau, l’alcool, on le boit, nous gardons tout de même le sens des valeurs) à la tête, introduire des glaçons dans les pantalons, faire de petites cascades et des combats de front (1), et travailler sa mauvaise foi grâce aux jeux débiles que nous faisons…

Si le terrain de jeu est plus grand, cela peut devenir franchement périlleux ; se jeter du haut des escaliers, passer à travers une haie de charmilles, se sauter dessus en poussant des cris de guerre(2), passer par-dessus un muret pour atterrir en roulant sur le dos, se traquer pour s’attaquer et se shampooiner la tête(2), faire de grosses mêlées en prenant un peu d’élan (3) (et tant pis pour celui qui est en dessous)…

Et vers tôt le matin, cela devient n’importe quoi ; faire du surf sur les tables avec les autres qui font les vagues, suivre à la façon d’agents secrets les serveurs pour découvrir où sont les bouteilles, si la discrétion foire, tirer au sort le nom de la fille qui fera diversion avec ses seins, arracher les cheveux par surprise avec les dents, traiter un grand black de deux mètres sur deux mètres de « vieille pute » (un gentil grand black, heureusement)…

Le lendemain, tu comptes tes bleus. Généralement, plus le nombre de bleus est important, plus tu as mal au crâne. Là, la douleur de l’orteil foulé dépasse celle de la tête. Je n’arrive pas à savoir si c’est tant mieux.

(1) 1 bosse sur le front
(2) 5 bleus sur les bras et poignets, 1 bleu sur la hanche droite, 3 bleus sur les jambes
(3) 1 foulure du gros orteil gauche
Et la brûlure, c’est le lendemain, en faisant cuire le bacon et les œufs aux plats pour le brunch dominical.