Tapioca recommencer
Par Eulalie , lundi 27 février 2006 à 17:52 :: Journal
Je continue à rassembler mes souvenirs et à les consigner pour qu’ils ne disparaissent pas avec le temps. Les émotions remontent, les larmes aussi, mais elles sèchent bien vite en laissant place à une grande tendresse.
En décembre dernier, alors que nous avons passé le jour de Noël avec l’image d’une Mado étendue sur son lit d’hôpital, faible, les bras et les cuisses bleuis par les incessantes piqûres et prises de sang, j’ai déjà eu ce besoin de retrouver des sensations et des goûts d’enfance.
Besoin très vite assouvi après un petit saut dans une grande surface. Enfin, soyons précis. Le besoin n’était pas simplement d’acheter une petite boite de tapioca, et c’est là que ça se complique.
Les plus assidus commencent au choix à se frotter les mains ou à se désoler de mon incompétence chronique tandis que les autres vont aller suivre ces liens là, ici, là, et puis ici aussi pour comprendre les autres. A noter que ceux qui souhaitent se rafraîchir la mémoire le peuvent aussi.
Or donc, pour faire cuire du tapioca, il faut écouter du Dalida et maintenir le lait à une température proche de l’ébullition pendant 7 à 10 minutes. Mais attention, Bambinette, jamais le lait ne doit bouillir ; lait bouillu, lait foutu, c’est connu.
Evidemment, lorsque le lait a débordé, la voix de Bambinette n’est pas restée câline et sa musique, à défaut d’être plus jolie que tout le ciel de l’Italie, est devenue passablement … colorée lorsque qu’elle a dû troquer sa mandoline contre une éponge pour gratter la cuisinière.
La tête entre les mains, scrutant la petite boîte de carton à côté d’une cuisinière scintillante, passablement agacée mais pas découragée pour autant, j’ai constaté que, si mon problème ne pouvait être dénoué par les ondes mentales que je m’échinais à essayer d’envoyer, je pouvais tenter de le résoudre avec des micro-ondes.
Mais je me suis peut-être enthousiasmée un peu vite.
Et mon enthousiasme doit être bigrement contagieux.
Parce que le lait, d’un enthousiasme débordant, a décidé de repeindre l’intérieur du micro-ondes.
Tout en épongeant l’inox, j’ai essayé de lui expliquer que son rôle était plutôt de rester dans le bol, et non pas de s’éparpiller partout. Pour essayer de le contenir, je l’ai recouvert d’une cloche.
Mais la cloche s’est révélée être à la solde du grand complot qui vise à m’obliger à déserter les cuisines. Elle s’est collée au récipient puis s’est déformée, sans empêcher le lait de gicler dans tous les sens. Elle est ensuite restée comme soudée au bol à cause des grains de tapioca, et il a fallu moult renfort d’eau bouillante pour décoller ces nouveaux amants.
Non, ce n’est pas simple de faire du tapioca. Pourtant, quelques packs de lait, boîtes de tapioca plus tard, j’ai enfin réussi à piger le truc de la cuisson : une surveillance soutenue et inébranlable.
Restait à trouver la bonne proportion lait / tapioca et à soumettre les papilles aux différents tests ; sucre blanc, sucre roux, gousse de vanille, extrait de vanille, chocolat, ovomaltine, …
Et samedi soir, j’ai trouvé. Il fallait juste un peu de sucre de canne.
Samedi soir, j’ai mangé du tapioca sur les genoux de Mado. Et j’ai souri.
En décembre dernier, alors que nous avons passé le jour de Noël avec l’image d’une Mado étendue sur son lit d’hôpital, faible, les bras et les cuisses bleuis par les incessantes piqûres et prises de sang, j’ai déjà eu ce besoin de retrouver des sensations et des goûts d’enfance.
Besoin très vite assouvi après un petit saut dans une grande surface. Enfin, soyons précis. Le besoin n’était pas simplement d’acheter une petite boite de tapioca, et c’est là que ça se complique.
Les plus assidus commencent au choix à se frotter les mains ou à se désoler de mon incompétence chronique tandis que les autres vont aller suivre ces liens là, ici, là, et puis ici aussi pour comprendre les autres. A noter que ceux qui souhaitent se rafraîchir la mémoire le peuvent aussi.
Or donc, pour faire cuire du tapioca, il faut écouter du Dalida et maintenir le lait à une température proche de l’ébullition pendant 7 à 10 minutes. Mais attention, Bambinette, jamais le lait ne doit bouillir ; lait bouillu, lait foutu, c’est connu.
Evidemment, lorsque le lait a débordé, la voix de Bambinette n’est pas restée câline et sa musique, à défaut d’être plus jolie que tout le ciel de l’Italie, est devenue passablement … colorée lorsque qu’elle a dû troquer sa mandoline contre une éponge pour gratter la cuisinière.
La tête entre les mains, scrutant la petite boîte de carton à côté d’une cuisinière scintillante, passablement agacée mais pas découragée pour autant, j’ai constaté que, si mon problème ne pouvait être dénoué par les ondes mentales que je m’échinais à essayer d’envoyer, je pouvais tenter de le résoudre avec des micro-ondes.
Mais je me suis peut-être enthousiasmée un peu vite.
Et mon enthousiasme doit être bigrement contagieux.
Parce que le lait, d’un enthousiasme débordant, a décidé de repeindre l’intérieur du micro-ondes.
Tout en épongeant l’inox, j’ai essayé de lui expliquer que son rôle était plutôt de rester dans le bol, et non pas de s’éparpiller partout. Pour essayer de le contenir, je l’ai recouvert d’une cloche.
Mais la cloche s’est révélée être à la solde du grand complot qui vise à m’obliger à déserter les cuisines. Elle s’est collée au récipient puis s’est déformée, sans empêcher le lait de gicler dans tous les sens. Elle est ensuite restée comme soudée au bol à cause des grains de tapioca, et il a fallu moult renfort d’eau bouillante pour décoller ces nouveaux amants.
Non, ce n’est pas simple de faire du tapioca. Pourtant, quelques packs de lait, boîtes de tapioca plus tard, j’ai enfin réussi à piger le truc de la cuisson : une surveillance soutenue et inébranlable.
Restait à trouver la bonne proportion lait / tapioca et à soumettre les papilles aux différents tests ; sucre blanc, sucre roux, gousse de vanille, extrait de vanille, chocolat, ovomaltine, …
Et samedi soir, j’ai trouvé. Il fallait juste un peu de sucre de canne.
Samedi soir, j’ai mangé du tapioca sur les genoux de Mado. Et j’ai souri.