Inspiration, inspiration !

Il y a deux mois, je prenais conscience du message que désiraient me faire passer mes nichons en sautant de mes soutifs, ou mes soutifs en rejetant mes nichons, à savoir qu’il fallait inverser la tendance à la transformation en hippopotame Hyacinthe de Fantasia. Je ne rentre plus dans mes pointes, mon tutu a rendu son tablier depuis belle lurette et personne ne danse nu chez Mickey. A ce que je sache.

Forte de ce constat, amer, certes, que j’avais forci, donc, je décidais d’entamer un régime amaigrissant, c’est-à-dire l’inverse de celui que je menais jusqu’alors. Il y a eu beaucoup d’écarts, mais je tiens d’ores et déjà à affirmer, et cela en vous regardant droit dans les yeux, que ce n’a pas toujours été ma faute.
Les anniversaires sont légion, et ni le champagne ni les gâteaux ne se refusent. Ronde, certes, mais bien élevée.

Je suis aujourd’hui en mesure de déclarer que je rentre dans mon joli jupon crème, celui là même qui a essayé d’apprendre à voler il y a environ deux semaines, sentence terrible mais juste pour avoir refusé de passer la critique étape des fesses.

Après avoir croisé et analysé les données « temps de rationnement », « fringales incontrôlables » et « kilos perdus », j’en arrive à cette conclusion :

« Je pourrais recommencer à respirer dans mon joli jupon crème vers le 1er septembre, soit environ deux jours avant de devoir le remiser avec les autres affaires d’été. »

« Voilà une bonne nouvelle », pensa-t-elle en donnant à cette garce maudite de jupasse débile son second cours de vol après l'avoir piétinée de rage.


L’amour du risque

Y’a des justiciers milliardaires qui sauvent leur maître d’hôtel des griffes de Nick Morelli, terrible mafioso qui fait du trafic d’armes et d’œuvres d’art, l’amour pour tout risquer, le risque pour s’aimer, tout ça. Mais c’est un peu fatigant.

Et y’a les étourdies fatiguées sans trop d’sous qui ont l’impression toute la journée du 27 d’avoir oublié quelque chose d’assez important mais qui ne parviennent pas à mettre le doigt dessus. Et à 23h41, en jetant un coup d’œil sur la bannette de papiers sur le bureau, remarquent cette drôle de feuille verte moche. Tiens ! Ma déclaration des revenus ! Là, d’un coup, la mémoire revient, il faut déclarer par Internet le soir même avant minuit.

OK.

Restons Calmes.

J’ai été briefée plein de fois sur ce genre de situations.

Que ferait Sam Beckett ? Il changerait de corps et d’époque. Hmm. Ça va être difficile. Je peux pas juste changer ce petit bourrelet là ?
Jack Bauer ? Il irait torturer le Ministre des finances pour obtenir un délai. Vu comme j’ai horreur du sang, j’ai peur de m’évanouir.
C.J. Parker alors ? Elle prendrait ses jambes à son cou pour aller faire du bouche à bouche au receveur des impôts. Hmm. Je n’ai pas de maillot rouge, et vu ma ligne, y’a des chances qu’on me claque la porte au nez en riant.
Gary Hobson peut-être ? Pfff, lui il aurait été prévenu la veille qu’il n’allait pas faire sa déclaration, j’ai un jour de retard sur les 19 minutes qui me restent. Ah, non, plus que 17…

Bon. Qui s’y connaît le plus en situations désespérées là-dedans ? Sydney Bristow !!! Je sais. Je vais entrer sur le site des impôts et télédéclarer pour récupérer l’accusé réception électronique. J’ai 14 minutes avant minuit. Trop facile.

23h46 : torturer le classeur pour trouver les codes secrets et obtenir le certificat électronique en priant pour que Marshall réussisse à rétablir la connexion.
23h48 : lancer la télédéclaration.
23h49 : problème. Allo, Marshall ? Un souci avec java. J’attends l’upload.
23h51 : problème java résolu. On relance.
23h52 : page 1, ok, page 2, ok.
23h53 : Marshall, il reste 7 minutes et on a encore perdu la connexion.
23h57 : connexion établie. On relance la télédéclaration.
23h58 : les premières pages ont été gardées en mémoire. Page 3, OK. Page 4, OK. Vérification, OK. Envoyer !



Mission réussie, nous avons récupéré l’accusé réception électronique avant son autodestruction. A nous Rambaldi. Ou au moins, à nous la non majoration. Tic…tac…tic…tac…


Explication de texte

(1) « Yapapa Yapapa ii tan shen
L’amour sauvage est tel la carpe de l’étang
Yapapa Yapapa ii tan shen
La dorade de mon cœur veut être enlacée
(5) Sans qu’on sache pourquoi
Le jour s’achève après
Tant de désordres à la Ranma
Depuis que je t’ai rencontré
Avec tous ces ranmas
(10) On a vraiment une fin de siècle mal fichue
Pourquoi ne peux tu pas
Me dire « je t’aime » plus calmement ?
Si tu insistes moi aussi
Je vais devenir une peste
(15) Sans sonner à la porte
Telle une brise d’été
Tu es venu t’incruster
Dans cette chambre dans mon cœur
Et ça me dérange
(20) Mais je laisse passer ça ce soir
Je laisse passer jusqu’à demain
Plus je te regarde
Plus ce désordre Ranma me fait tourner la tête
J’en tomberais presque amoureuse
(25) Avec tous ces ranmas
Pause s’il vous plaît
Et c’est comme ça qu’on est copains. »
Rumiko Takahashi, Ranma ½, Générique Nippon

1. Dégagez de cette chanson traditionnelle nipponne les caractères de la poésie romantique aquatique moderne.
2. Elucidez les références des vers 2, 4 et 10.
3. Par l’étude du vocabulaire appréciatif, dégagez la subjectivité du narrateur. Quelles sont les intentions de son délire verbal ? Ce monologue est-il comique, tragique, sans-queue-ni-têtique ?
4. Etudiez, mesurez, pesez et définissez le rythme suggestif de ce poème.
5. Pensez-vous que le stagiaire traducteur doit être :
- exécuté sans sommation ?
- réorienté vers des filières comme un BTS Polisseur de Fruits et Légumes à la Grande Epicerie de Paris ?
- autre (clarifiez votre intention, et plus vite que ça) ?

Question bonus :
6. Hein oui Ranma ½ c’est top ?

Je ramasse les copies quand je veux, bande de moules, non mais ho c’est qui le chef ici.