Un dictionnaire compte environ 60.000 mots ; on estime que le vocabulaire quotidien comporte entre 300 et 3.000 selon l’individu. Je suis convaincue que Monsieur Muche utilise plus de 4.000 mots, tant j’ai appris de vocabulaire à son contact, du patois aux mots tombés en désuétude en passant par les divers argots.
Pourtant, et ce malgré son grand âge et ses reins qui craquent, il est un mot qu’il n’a pas dans son vocabulaire et une idée qu’il n’intègre pas à sa philosophie de vie : la « mesure ».
Non pas qu’il souhaite ajouter de nouveaux tableaux Vademecum aux murs, et qu’il n’a pas mesuré les longueurs des cadres et murs avant de planter les clous.
C’est plutôt que le Gru est un être dénué de toute modération.
Tout est
toujours sujet à l’emphase, à l’hyperbole ou à l’exagération.
Par exemple, il y a deux mois et demi, alors que je fautais en recouvrant mes cheveux d’or d’un voile noir, j’ai amorcé à mon insu la Grande Révolution Capillaire Muchienne (GRCM). Il m’a annoncé ne plus vouloir aller chez le coiffeur par soutien envers ma chevelure endeuillée. Or, à cette lointaine époque, ses cheveux méritaient déjà de croiser des ciseaux experts depuis trois bons mois.
Plongée dans un profond désarroi, voilà deux mois et demi que je guerroie régulièrement afin de lui faire comprendre que sa coupe de surfeur ne peut PAS être une solution puisque c’est un
problème. Comme cette chère
Crooke, toutes les cartes possibles y sont passées. Sentiments, avis éclairés d’experte fan de la
Fashion Police, moqueries acerbes, prises à partie des tiers, tentatives de réveil de son instinct écologique ; rien n’y a fait.
Et les cheveux de pousser, pousser, jusqu’à atteindre, tenez-vous bien, pas 8 cm, pas 10 cm, pas 12 cm, non, 15 cm, messieurs dames, quinze centimètres. Brrrrr.
Quinze centimètres jusqu’à ce récent appel :
« Bonjour Truquinounette, je cherchais à vous joindre parce que… Hmmm… Vous souvenez-vous, Etoile de mes Jours, comme j’ai été compréhensif et serein à l’annonce de votre changement de couleur de cheveux ? Vous souvenez-vous, Soleil de mes Nuits, que je n’ai pas fait de scène alors que je chérissais plus encore vos cheveux que ma fille unique, ma merveilleuse Aglaé ? J’aimerais, Douceur dans mon Obscurité, que vous vous souveniez bien de tout cela alors que je vais prononcer la phrase suivante. Hum hum... Jemesuisrasélatête. » (clic !)
Pffff. Tout ça pour gagner le titre de la plus grosse bourde capillaire. Très bien, Muchigrou, vous avez gagné, je me couche !
PS : envoyez vos dons au GRCM pour qu’on lui trouve un traitement à base de plantes du Kazakhstan sub-aquatique méridional ou de petit guano de petites mouettes ramassé au petit matin par de petites vierges portugaises pour que ses tout petits cheveux repoussent. S’il vous plaît. Merci. Sinon je remets des morceaux de Yuk’. Avec des rires.
PS2 : pas de bande son pour cette note, figurez-vous que l’industrie musicale n’a cure des problèmes capillaires. Ah, ça, pour parler de l’intolérance ou de la guerre, y’a du monde, mais pour traiter les vrais sujets de fond, y’a plus personne. Heureusement que je suis là pour dénoncer, tiens.
Donc, si vous voulez de la musique, ouvrez donc ma radio, le premier morceau, celui où je joue du yuk’, histoire que vous compreniez / que vous vous remémoriez pourquoi il est urgent de faire des dons au GRCM.
Notulette spéciale dauillomane ; faut pas se sentir visé par la lutte anti cheveux-longs, gros.