Claquettes zou
Par Eulalie , vendredi 29 septembre 2006 à 00:27 :: Journal
Oyez, oyez gentes Dames et beaux Damoiseaux, la complainte de la blonde qui voulait faire des claquettes. Des rires, des larmes, du sang et une petite vieille hargneuse sont au programme. Alors oyez. S’il vous plaît. Faites pas les putes.
En l’an de grâce 2004, dans notre fière capitale parisienne, évoluait une pimpante jeune femme pleine de bonnes résolutions. Elle avait en effet décidé de se mouvoir un tantinet le séant.
Et les mois passèrent. Que les esprits chagrins se rassurent ; non, elle n’avait pas mis son mouchoir sur sa détermination, simplement, il y avait toujours quelque chose de plus urgent à entreprendre (se laver les cheveux, regarder les épisodes de Ranma ½, essayer d’accorder le Yuk’, percer les secrets de la cuisine au micro-ondes, comparer les vertus nutritives de la Taillefine Fiz Agrumes (qui n’est pas amer) et du Coca-Cola light, buter Bowser…)
Or, un magnifique jour de septembre, le 28 pour être précise, alors qu’elle rentrait d’une dure journée de labeur, Dieu lui fit signe. Dieu avait incité un innocent décorateur d’essuie-glaces à enjoliver les pare-brises de la rue avec de petits flyers pour une école de claquettes américaines.
Oui, Dieu. Parfaitement. Petit abrégé des croyances Eulalienne : Dieu est la somme d’exceptions fantastiques. En l’occurrence, cet après-midi, c’est la partie Fred Astaire – Ginger Rogers de Dieu qui a fait un signe.
Ragaillardie par cette bonne nouvelle (chouette chouette, des cours du soir de claquettes à proximité du bureau), elle délesta la voiture du céleste papillon et continua à marcher tout en lisant le prospectus.
Au loin, une vieille manante fit le tour de sa charrette en maugréant, pris le tract et, sans se douter qu’il avait été posé là selon la Toute Puissante volonté de Fred et Ginger, le froissa avant de le jeter dans le caniveau.
Quand l’antique bonne femme vit qu’Eulalie tenait dans sa main un papillon identique à celui qu’elle venait de détruire, elle rentra dans une rage folle :
« - AaAAaAaAaah diabolique vermine colleuse de tracts sataniques sur les voitures ! Vous n’avez pas le droit de faire ça ! Je vais vous poursuivre ! Je vais vous dénoncer ! Vous irez en prison ! »
Eulalie se dit alors à cet instant que si elle avait été noire, l’ancêtre aurait probablement crié qu’on la renverrait dans son pays. Abasourdie par le flot de paroles et la puissance des décibels, elle attendit que le dinosaure termine son couplet puis dit doucement en souriant :
« Non madame, il s’agit d’une méprise, je ne dépose pas ces papiers sous les essuie-glaces, j’ai simplement pris celui là sur une voiture parce que je suis intéressée par l’offre. »
Le vieux dinosaure eut alors un mouvement de recul, le silence se fit cinq secondes environ, et elle ouvrit la bouche :
« - HAN ! Et de quel droit ?! Ce prospectus n’est pas à vous ! Pourquoi osez-vous prendre ce qui n’est pas à vous ?! Si vous voulez des prospectus, ACHETEZ VOUS UNE VOITURE ! Non mais c’est pas possible hein franchement, après faut pas s’étonner non plus si gnagnagnagnagnignagna… »
Eulalie n’attendit pas la fin du couplet de la mère de Lucy. Elle reprit son chemin, serrant le tract dans sa main.
Et elle pensa : « Le chemin vers les claquettes semble périlleux, ne m’en voulez pas, Fred et Ginger, je pense que je vais plutôt me tourner vers le yoga »
En l’an de grâce 2004, dans notre fière capitale parisienne, évoluait une pimpante jeune femme pleine de bonnes résolutions. Elle avait en effet décidé de se mouvoir un tantinet le séant.
Et les mois passèrent. Que les esprits chagrins se rassurent ; non, elle n’avait pas mis son mouchoir sur sa détermination, simplement, il y avait toujours quelque chose de plus urgent à entreprendre (se laver les cheveux, regarder les épisodes de Ranma ½, essayer d’accorder le Yuk’, percer les secrets de la cuisine au micro-ondes, comparer les vertus nutritives de la Taillefine Fiz Agrumes (qui n’est pas amer) et du Coca-Cola light, buter Bowser…)
Or, un magnifique jour de septembre, le 28 pour être précise, alors qu’elle rentrait d’une dure journée de labeur, Dieu lui fit signe. Dieu avait incité un innocent décorateur d’essuie-glaces à enjoliver les pare-brises de la rue avec de petits flyers pour une école de claquettes américaines.
Oui, Dieu. Parfaitement. Petit abrégé des croyances Eulalienne : Dieu est la somme d’exceptions fantastiques. En l’occurrence, cet après-midi, c’est la partie Fred Astaire – Ginger Rogers de Dieu qui a fait un signe.
Ragaillardie par cette bonne nouvelle (chouette chouette, des cours du soir de claquettes à proximité du bureau), elle délesta la voiture du céleste papillon et continua à marcher tout en lisant le prospectus.
Au loin, une vieille manante fit le tour de sa charrette en maugréant, pris le tract et, sans se douter qu’il avait été posé là selon la Toute Puissante volonté de Fred et Ginger, le froissa avant de le jeter dans le caniveau.
Quand l’antique bonne femme vit qu’Eulalie tenait dans sa main un papillon identique à celui qu’elle venait de détruire, elle rentra dans une rage folle :
« - AaAAaAaAaah diabolique vermine colleuse de tracts sataniques sur les voitures ! Vous n’avez pas le droit de faire ça ! Je vais vous poursuivre ! Je vais vous dénoncer ! Vous irez en prison ! »
Eulalie se dit alors à cet instant que si elle avait été noire, l’ancêtre aurait probablement crié qu’on la renverrait dans son pays. Abasourdie par le flot de paroles et la puissance des décibels, elle attendit que le dinosaure termine son couplet puis dit doucement en souriant :
« Non madame, il s’agit d’une méprise, je ne dépose pas ces papiers sous les essuie-glaces, j’ai simplement pris celui là sur une voiture parce que je suis intéressée par l’offre. »
Le vieux dinosaure eut alors un mouvement de recul, le silence se fit cinq secondes environ, et elle ouvrit la bouche :
« - HAN ! Et de quel droit ?! Ce prospectus n’est pas à vous ! Pourquoi osez-vous prendre ce qui n’est pas à vous ?! Si vous voulez des prospectus, ACHETEZ VOUS UNE VOITURE ! Non mais c’est pas possible hein franchement, après faut pas s’étonner non plus si gnagnagnagnagnignagna… »
Eulalie n’attendit pas la fin du couplet de la mère de Lucy. Elle reprit son chemin, serrant le tract dans sa main.
Et elle pensa : « Le chemin vers les claquettes semble périlleux, ne m’en voulez pas, Fred et Ginger, je pense que je vais plutôt me tourner vers le yoga »