Potins et Céphalopode

J’ai beau lui apprendre que le chat de Pete Doherty prend de la coke (c’est mal), que George Clonney sera la parrain du bébé de Julianna Margulies (c’est bien) ou que Virgnie Ledoyen s’éclate à la plage avec le frère de Gad Elmaleh (c’est… euh, on s’en fout en fait), sa mine reste obscure. Pourtant si friand de cette littérature réservée aux pauses estivales, il s’entête à scruter la plage et s’agace visiblement de ne voir que le sable qui sabloit, la mer qui ondoit, les mômes qui désobéissoient et les parents qui crisoient.


Melle Truc, inquiète - Qu’avez-vous, Muchaillon ? Voilà plus d'une heure que je vous soumets des potins croustillants qui auraient dû mettre en action votre art du calembour, et rien. Vous vous murez dans un mutisme inquiétant. Avez-vous oublié que Docteur Contrepèterie veille dans l’ombre et menace d’accomplir son cruel ouvrage d’abolition du calembour au profit exclusif de la contrepèterie ? Il faut vous entraîner !
M. Muche, triste - Ah, douce alliée, si le son de votre voix m’apaise un peu, je dois vous avouer que ma vie est bien triste, ces derniers temps.
Melle Truc, angoissée - Me direz-vous enfin ce qui vous tourmente de la sorte ?
M. Muche, accablé - Vous souvenez-vous, l’année dernière, comme je regrettais le temps béni où les femmes, charmantes et insouciantes, se débarrassaient des entraves et des armatures afin de laisser leurs poitrines exprimer humblement leur reconnaissance au Soleil et aux congés payés ?
Melle Truc, rassurée - Oui, je m’en souviens.
M. Muche, amer - Les nouvelles ne sont pas réjouissantes, cette année. Alors que je comptais sur une amélioration quantifiable, je peux désormais l’affirmer, les temps sont plus durs que jamais. Le fier téton n’est plus.
Melle Truc, consolante - Bah, ce n’est qu’une question de mode ! Cela reviendra ! Vous savez, cette année, le topless est complètement has been !
M. Muche, révolté - Mais QUI décide de ça ?! Quelle congrégation d’experts faut-il rejoindre ??! Quel comité de rédaction ??! QUI décide de saper le moral d’honnêtes travailleurs enfin au repos ? Quel sombre dessein se cache derrière cela ?! Veulent-ils une épidémie de dépressions pour engendrer une baisse conséquente de productivité ?!?
Melle Truc, rieuse - C'est une mission pour NichonsMan ! Reste plus qu'à vous faire mordre par un nichon !
M. Muche, las - Et à trouver un nichon équipé de dents, donc.
Melle Truc, réfléchie - Hmm, j'ai vu un poulpe en plongeant tout à l'heure. Vous croyez que ça pourrait faire l'affaire ?



Conduite et chiffres

Melle Truc, enthousiaste - 83, VAR !
M. Muche, agacé - Oui non mais là, vous cédez à la facilité !
Melle Truc, enthousiaste - 83, VAR !
M. Muche, agacé - Oui, bon, ça va, mais là c’est trop facile, j’ai dit.
Melle Truc, en boucle - 83, 83, 83, VAREUVAREUVARRRRR !

En voiture, comme tout le monde, nous jouons au jeu des départements. Et depuis hier, c’est très facile ; nous croisons une grande majorité de 83 (var, pour les poissons rouges). Je précise d'emblée que nous sommes tout à fait minables, excepté mon trio (14 Calvados, 27 Eure, 76 Seine Maritime) et son trio (22 Côte d’Armor, 29 Finistère, 75 Paris)

Melle Truc, réfléchie - 38… 38…
M. Muche, agité - 38, ça c’est des faux 83 ! C’est le RAV !

Melle Truc, enthousiaste - 67 SIERCK LES BAINS !
M. Muche, circonspect - C’est pas un département ça.
Melle Truc, agacée - Ouais bon ben Alsace alors.
M. Muche, deubeule circonspect - C’est toujours pas un département.

Melle Truc, sèche - 60 ??
M. Muche, excité - L’Eure !
Melle Truc, cultivée - Ah non, l’Eure c’est 27.
M. Muche, CalembourMan* - Ah non, c’est plus la demie que l’heure, 27 !

Melle Truc, en pleine réflexion - 51 ? Hmm, 50 c’est la Manche…
M. Muche, CalembourMan en action - 51 c’est facile c’est Pastis ! M, N, O, P, ça colle !

Melle Truc, énergique - 73 ! VALLOIRE !
M. Muche, blasé - C’est pas un département !
Melle Truc, déterminée - Rha, vous êtes pénible Muchaillon, 73, Montagne alors !
M. Muche, lassé - C’est PAS un département.

Melle Truc, agitée - 85 ! Vendée !
M. Muche, CalembourMan strike back - Vu la conjoncture, j’aurais plutôt dit Achetez !

Melle Truc, indécise - 13 ?
M. Muche, péremptoire - Je sais mais je dis pas, ça porte malheur.


A ce jeu là, l'important c'est de pas être à côté de la plaque (sinon on a vite fait de se retrouver au Beausset, si vous voyez c'que j'veux dire). (Chute faiblarde pour note faiblarde, mais on n'est pas là pour se vriller les neurones, n'est-ce pas ?) * Monsieur Muche s’est en effet fait mordre par un Calembour à la plage.


Une journée à Solliès-Ville

"Mais si enfin, je sais exactement où on est. En face, à gauche, c'est le mont des Oiseaux. Ou à droite."


Super Héros

Ah, qu’il était beau, viril et musclé comme un Daniel Craig quand il est sorti de la méditerranée, hier après-midi. L’eau donnait des reflets gourmands à ses muscles saillants, et pour peu qu’on mette de côté son essoufflement, les marques rouges provoquées par son masque, le filet de bave sortant du tuba qui rejoignait encore sa bouche, mon Glibidou faisait de moi, l’espace d’un instant, sa James Bond Girl.
OK, il faudrait aussi complètement oublier sa mine apeurée et sa façon frénétique d’agiter les bras dans tous les sens en murmurant, à bout de souffle « faut sortir de l’eau… Faut sortir de l’eau ! ».

Une fois allongé sur sa serviette, je lui indiquais qu’il y avait des façons plus sobres et distinguées de rejoindre le sable quand il m’expliqua son agitation :
- Il y a des bancs de méduses. Des dizaines, des milliers, des centaines de milliers de millions de méduses ! Heureusement, je les ai envoyées au large grâce à la puissance de mon crawl ! *

Il me désigna alors son épaule gauche et le bas de sa joue droite, manifestement caressés par des tentacules urticantes. Des boursouflures impressionnantes apparurent rapidement alors qu’il me confessait que les invertébrées avaient pris ombrage de se faire crawler dans les ombrelles. On n’a pas idée aussi.

Alors que j’appliquais des galets chauds sur ses blessures ("- Est-ce bien nécessaire Truchinette de me recouvrir entièrement de galets ?? - OUI. Je l’ai lu sur une brochure très sérieuse. Pas bouger."), je vis se dessiner un sourire ravi. J’accordais déjà cela à mes charmes de jeune et jolie sauveteuse quand il rompit le silence :

- Vous croyez que je vais devenir MéduseMan, maintenant que j’ai été mordu ? Je me demande bien quel genre de pouvoir j’aurai demain matin suite à ma mutation nocturne. Vous croyez que je vais avoir des filaments urticants qui vont pousser sur le corps ?

On est bien loin de Daniel Craig, là.

Ce matin, Glibinou a dû se rendre à l’évidence ; aucune mutation d’aucune sorte n’avait eu lieu. Il a boudé son petit déjeuner en signe de désapprobation et ne s’est que très peu ébroué dans l’eau. Juste le minimum syndical, quoi.

Heureusement, pour son plus grand bonheur, une fourmi l’a piqué ce soir.

- Vous croyez que je vais devenir FourmiMan, maintenant que j’ai été piqué ? Je me demande bien quel genre de pouvoir j’aurai demain matin suite à ma mutation nocturne.
- En tant que fourmi, j’imagine que vous pourrez porter 60 fois votre propre poids.
- Oh ? Cela veut dire que je perdrai de ma force ? **
- Ne vous inquiétez par SuperVarois, si cela devait arriver, je trouverai pour vous l’antidote, ne serait-ce que pour que vous ne creusiez pas de galeries sous la maison ni n’éleviez de pucerons sur nos plants de persil et de menthe.



Note à moi-même : arrêter de lui parler de Super Héros et de faire la promotion de la merveilleuse émission Qui veut devenir un Super Héros chaque jeudi à 20h50 sur Sci Fi. Ooops, I did it again !


* Il est possible que le Gru ait été atteint de l’emphasisus varoisisus depuis qu’il a été heurté par un caddie radioactif Toulonnais au centre commercial.
** Ah ben non, en fait c'est sûr, il est atteint de l’emphasisus varoisisus.



Bandol

« Comment ? Faire un Mappy ? Oh oh, douce Glibichoune, pas besoin. Je sais e-xa-cte-ment comment aller à Bandol ! »

Je sais qu’avec cette seule phrase vous vous doutez de la tournure des évènements. Les personnes nous connaissant un peu s’inquiètent probablement de l’issue de cette histoire, car il est de notoriété publique que si le Gru est agréablement pourvu en quantité plus que suffisante d’une foultitude d’options, il a toujours échoué lamentablement à son brevet de co-pilote car il est incapable d’anticiper un déplacement dans l’espace et de discerner sa gauche de sa droite. (et vice et versaaaa)

Je vous invite à suivre la progression <ici> (sauf Kch qui saura à priori bien se repérer)
Le voyage s’est gâté après l’arrivée à Toulon. Alors que j’avais remis entre les mains de Gruñiño notre voyage, ce dernier a ordonné :
- Là, nous allons prendre la sortie suivante sur la gauche.
- La gauche ?? Il n’y a pas de sortie sur la gauche sur l’autoroute !
- Ah, oui, pardon, à droite ! A DROITE !


J’avais à peine atteint le 50km / h réglementaire avant d’aborder le rond point qu’il chuchota :

- Tiens, tiens, on dirait que je me suis trompé !
A mon attention, il ajouta :
- Ahaha, mais ce n’est pas grave ! Car Glibidou toujours retombe sur ses pattes ! Sortez donc là ! , annonça-t-il avec entrain.
- Où ça, « là » ?! , répliquai-je alors que je décrochais le pompon pour un second tour de rond point.
- A gauche, pardi !
Je pris donc la première sortie à droite, présageant qu’il ne pouvait pas avoir finalement réussi à faire le distinguo quatre minutes après sa dernière gourrade. Malheureusement, le Gru ne confond de toute évidence pas gauche et droite, il prononce simplement les mots comme ils viennent. Ainsi, grâce aux 50% de chance de se tromper, il s’avérait qu’il avait raison. Il fallu retourner au rond point et en refaire trois fois le circuit avant de se mettre d’accord sur une sortie.

Nous n’étions qu’à 18 km sur la trentaine annoncée, et j’avais déjà des crampes dans les doigts à force de serrer le volant. Nous avons vu passer la Beaucaire « AHAH, la Beaucaire, parfait, la Beaucaire ! », puis Ollioules « hmm ah. Hmm. Hum hum. Je sais où nous sommes, parfait, tout droit. Hum. », puis Evenos « C’est dans le coin, c’est sûr, c’est dans le coin. Ah, quel fort joli coin, d’ailleurs ! J’ai bien fait de nous faire sortir de l’autoroute prématurément, n’est ce pas Glibounette, appréciez donc ce merveilleux paysage ! C’est magnifique !! Comment ça vous êtes obligée de regarder la route ? Vous mettez vraiment de la mauvaise volonté à apprécier cette escapade.», puis Ste Anne d’Evenos « Hum. Bandol approche, je le sens, des vignes ! », et lorsque nous sommes arrivé au Beausset, j’avais l’intérieur des joues en sang à force de les mordre pour ne pas insulter le plus mauvais co-pilote de la terre.

C’est quand il a cru bon d’ajouter d’un ton très sûr « Oh c’est bon maintenant : le Beausset - Bandol c’est une promenade de santé » que j’ai su que l’après-midi serait long.

Nous avons donc commencé par visiter la ville en voiture avant de nous perdre dans un dédale de voies à sens unique, et alors que je perdais tout espoir non seulement de voir Bandol mais aussi de savoir rentrer à Carqueiranne, nous sommes finalement arrivés à un rond point indiquant « Toulon ». J’étais prête à rentrer lorsqu’il lança « A votre place, je ne prendrais pas la direction de Toulon, je prendrais à droite au rond point, la route qui monte. J’en suis sûr, je le sens, je le sais, de l’autre côté de cette rue, Bandol nous attend. »

Est-ce l’aveuglement de la femme amoureuse qui veut donner raison à son homme, dusse-t-elle tomber en panne sèche dans la pampa varoise, est-ce simplement parce que j’aime le goût du sang de mes joues dans ma bouche, j’ai tourné à droite pour emprunter la petite route qui montait. Si. Et finalement, j’ai trouvé le goût du sang de mes joues assez écoeurant. Alors j’ai juste dit « ta gueule ».

La route a serpenté sur des kilomètres. Des pentes à 90%, des chemins caillouteux, des nids de poule, que dis-je, de pélicans, débouchant sur un chemin de la largeur EXACTE de la voiture, tournant à 90° dans une côte à 80%, j’ai cru à maintes reprises que nous allions reculer et devoir affronter notre jugement dernier. Auquel cas le Gru ne serait pas arrivé dans les meilleurs conditions, moi j’dis.

Nous avons finalement trouvé un chemin qui redescendait tout ça, et après avoir dû faire une marche arrière face à un petit camion dans une pente qui tournait, nous sommes redescendus dans une agglomération.
Que Gruñiño a qualifié de « Hourra ! Bandol ! »
Son enthousiasme devenait communicatif, quand nous avons vu le panneau. Le Beausset.

A ce stade là, cela fait déjà 1h15 que nous sommes partis de Carqueiranne. Et je rappelle que Bandol est à 30 mn.

J’ai failli le tuer sur place. Il s’est de son côté muré dans un mutisme bienvenu ; lassé lui-même de ses « Forcément, à un moment ou un autre, on y sera bien, à Bandol ! ». Nous avons repris la route dans une direction inconnue et alors que nous allions franchir notre énième rond point (le varois est friand de manèges), alors que nous ne l’avions jusqu’à présent lu que précédé de « domaine de » sur des pancartes jouxtant de grandes propriétés vinicoles, c’était là, matérialisé, inévitable : une pancarte indiquant la direction de Bandol.
Bien entendu, cela ragaillardit instantanément mon mauvais co-pilote qui rompit son vœu de silence et chantonna « Voilà ! Vous n’avez pas foi en moi ! C’est e-xac-te-ment LÀ que je voulais nous mener ! J’attends maintenant vos excuses. »

Je lui ai claqué vigoureusement la cuisse et ai montré mes incisives en grognant « ta gueule ».
Il a dû prendre ça pour des excuses, car son souhait n’est pas revenu sur le tapis.

Et Bandol c’est comment ?
Exactement comme Sanary sur mer. La ville qu’on a traversé quatre fois quand on s’est perdu au retour. Mais je vous épargne celle là.


Ajout nécessaire mais en fait inutile de Monsieur Muche : Tout ça parce que je me suis trompé d’UNE sortie.