Ma maman, blonde éclairée et catégorique

A propos de ma tendinite : "IL FAUT REFUSER LA MARCHE HORS SHOPPING !!!!"

Il faudrait toujours écouter sa maman.
(Sauf quand elle repart sur sa sempiternelle obession des abdos, bien sûr.)

Le pied

- Oh, quel ravissant pied creux !

Elle est douée.

- Oh, mais c’est une charmante tendinite !

Elle est très douée.

- Avec un joli petit œdème !


Bilan du quart d’heure passé avec cette podologue à l’enthousiasme suspect : je suis ravie. A croire que ses substances euphorisantes sûrement peu licites sont mélangées à l’air ambiant de son cabinet. Extatique banane, un franc sourire, de gauche à droite, en dévoilant toutes les dents du haut, là, oui, ravie comme une jument. Ou peut-être devrais-je dire comme une ânesse ?

OK, elle m’a confirmé ce que je savais déjà –j’ai les pieds creux, ce dont je me doutais –j’ai une tendinite, ce que je supputais –y’a un œdème. Ensuite, elle a précisé qu’il n’y avait rien à faire à part attendre, si possible assise les pieds bien à plat, ou développer une nouvelle façon de se déplacer sans que les pieds touchent le sol. Elle a fini en estimant que le calvaire durerait un mois.

Mais ce n’est pas ce que mon cerveau a assimilé ; je l’ai vue me sourire, s’extasier en lançant un exalté « ravissant ! » , ressentir une infinie jubilation en précisant « charmante » , s’attendrir devant mon œdème trop kawai.

Au-delà même d’avoir regonflé mon estime pédestre, elle m’a donné l’excuse béton, la phrase leeloo moultipass VIP, l’excuse ultime à pas se bouger d’un millimètre, « donnez-moi la Wiimote s’il vous plaît Cœucœur, aah, que n’avez-vous songé lorsque vous m’avez recueillie, je suis vieillissante et bien inutile, comme je m’en veux, pouvez-vous en profiter pour me passer le nunchuk, laissez-moi là, mourante et agonisante, allez donc vous amuser un peu avec vos amis, non, laissez-moi là mon aimé, donnez moi juste ma bouteille d’eau, laissez-moi là, aaaaaah, laissez-moi làà, oooooooh mais laissez moi là, bordel, je suis malade et je souffre ! Et si vous en profitiez pour passer le balai, oh non, pas l’aspirateur, ça fait du bruit. »

A moi la couette et 80 % du lit : « J’ai une tendinite »
A moi le fromage ET le dessert : « Faut que je prenne des forces, j’ai une tendinite »
A moi le choix du programme télé : « J’ai une tendinite, MTV m’aidera à faire abstraction de la douleur »
A moi de ne pas descendre chercher le courrier : « J’ai une tendinite »
A moi la drogue, chocolat à l’orange à volonté : « J’ai une tendinite »

Mais surtout, à moi la nouvelle excuse en béton armé de barbelés électrifiés pour continuer à ne surtout pas me mettre au sport : « J’ai une tendinite » suivi, bientôt, de « hé ho, tu veux pas que je réveille ma tendinite non ?! »

Madame Podologue, mon héroïne.


Un polaroaïd' en attendant



25 septembre 2007 - 17h50
Faire une pause en regardant par la fenêtre.

A voir : les pastels de Cali.