La bonne intention, aussi concentrée soit-elle, qu’on la prenne au saut du lit ou qu’on la fasse mariner avec un quelconque élément permettant de l’étoffer avant de la prendre, ne réussira jamais un repas à votre place. Pareil pour la volonté de bien faire.
Mais alors,
qu’est ce qui permet de réussir un repas, me direz-vous avec votre coutumier petit ton suppliant et impatient pendant que, me relevant trop rapidement, alors que je prenais un plat dans le placard sous le four, je m’assomme sur le coin de la porte du four.
Hé bien… Je n’en sais rien. Je ne comprends pas. Tout est flou autour de moi. J’erre, damnée, dans les limbes de la gastronomie pourtant simpliste, essayant d’échapper à des chefs en toque qui cherchent à me pendre haut et court avec leur cordon bleu.
Mais soudain, alors que j’allais me faire piéger par la grosse toque en filet, une liane à nœuds de velours a été lancée dans ma direction. Je me suis délicatement agrippée à cette providentielle apparition. Une fois en haut,
Salvatore Viviano, le maître de la tendance canalplussien, m’a parlé.
Quand je me suis réveillée, j’étais allongée dans la cuisine, sous le four, avec une bosse sur le front. Mon cake aux olives et au jambon parfaitement doré me narguait. Il se savait plus fort que moi et surtout bien trop dur pour être mangé ou frappé, avec ses trois fois trop de farine ahahaha je me suis gourée en lisant la recette.
Je ne me suis pas démontée. La Force Tendance Salvadorienne était en moi. Alors j’ai planté trois fleurs avec des tiges en fer dedans. Et comme par magie, mon cake aux olives et au jambon est devenu un formidable et très tendance centre de table.
Et c’est fière comme un petit banc tendance qui a son jean dans ses bottes cavalières que j’attends mes invités ce soir, pour manger des pâtes tendance à la sauce bolognaise Buittoni sur une table tendance ornée d’un centre de table très tendance.
Merci Salvadore. Mais la prochaine fois que je m’assomme avec le four, je préfèrerais avoir la visite d’
Eric Roux. Histoire d’arrêter de passer pour une pauvre buse, surtout en présence des frère et sœur de Monsieur Muche.