Tata Lilli, blonde chroniqueuse culinaire de régime

A Monsieur Muche, mangeant une tarte saumon / oseille tandis que je me régale avec mon merveilleux bol de Special K et son fantastique lait écrémé :

"Vous savez ce qui déchire, avec les pétales Special K ? De la Nutella. Sur chaque pétale. Bien beurrée, sans oublier les coins. Et garder tous les copeaux de chocolat noir pour les manger tous en même temps. Et... jeter le lait écrémé. Ouais, ça, Mon vieux Gru, ça déchire."


Loos Angelessss, lala lalala Loos Angelèèèèss

Grounigrou s’en va à une date indéterminée pendant une durée indéterminée faire une chose indéterminée sur un projet indéterminé dans une ville déterminée : Los Angeles. Oui, le Gru travaille à la Unspecified Corp™ et ses nerfs sont soumis à rude épreuve.

Hier soir, il a été pris d’une crise de maternage aigu :

M. Muche, soucieux - Je ne sais pas, cela m’ennuie de vous laisser seule tout ce temps ici. Je ne suis pas tranquille.
Melle Truc, placide - Oh, Grougrou, enfin, je suis adulte, je saurais bien me débrouiller sans vous.
M. Muche, anxieux - Oh, je sais bien, ce n’est pas ça qui m’inquiète, j’ai simplement peur que, d’ici à ce que je revienne, vous ayez trouvé une série par soir à regarder a-bso-lu-ment. Je ne supporterai pas d’autre femmes d’intérieur désespérées !

Ah non, pas le maternage mignon (quoiqu’un peu lourd) à base de bisou-câlin-prends soin de toi ma chérie, l’autre, brosse-toi-les-dents-avant-de-te-coucher, mets-mes-chaussons-tu-as-les-pieds-gelés, n’allume-pas-de-bougies-tu-vas-mettre-le-feu, gna gna gna.

M’en fous d’abord, dès la date indéterminée arrivée, je saute sur le lit à pieds joints et je rameute la couette sur le canapé pour m’endormir devant la télé.


I’m a lonesooome Calamityyyy, ooh yeeeaaaaah !

Des dizaines de milliers de questions que soulève le Monde et la Création, entre « qui de la poule ou de l’oeuf » et « comment sont fourrés les petits pois au wasabi », la question « pourquoi les cow-boys se déplacent-ils à cheval » est de loin la plus mystérieuse.*

Pourquoi à cheval ?

Un cheval coûte cher en avoine mais se cabre au moindre bourre-pif, se fatigue vite à se braquer à longueur de temps et à se cabrer dès qu’une mouche éternue, ne va pas très vite à reculons et, pour faire le malin, ne rate pas une occasion de a/ se cabrer, b/ s’emballer, c/ refuser d’avancer, d/ aller à droite au lieu d’aller à gauche, e/ s’emballer en allant à droite pour finir par se cabrer et refuser d’avancer.**

Alors on se dit que le cow-boy se coltine donc la version 4 pattes + 1 crinière de Satan alors qu’il pourrait, disons, enfourcher un vélo. C’est chouette, un vélo, pas de trot assis qui fera trembler le paysage de haut en bas quatre heures après avoir raccompagné le canasson dans son box, sur un vélo, pas de trot levé qui donne des pointes de côté non plus, le vélo ne cherche jamais à te faire passer par la fenêtre en refusant de sauter un obstacle, le vélo ne te traîne pas sur 800 mètres parce que tu ne parviens pas à déchausser ton étrier. ***
Au pire, si tu as peur pour ton confort, tu changes la selle contre un coussin en silicone, tu remplaces les pédales à cale pied par des pédales simples, et zou, c’est parti pour de folles heures de route vers le soleil couchant avec ta belle gourdasse molle à Isostar dans le dos (ça), le modèle luxe, avec la paille qui fait des loopings.
En plus, tu peux même profiter du trajet pour réaliser une ode à Suzy, la chouette pépé du saloon, rien qu’avec ta sonnette.

Bon. Le tableau est alléchant, non ? Vous l’avez en tête, le Clint, avec son chapeau, sa gourde à dos d’isostar sur son grand manteau de cuir qui volette poétiquement sur son porte bagage décoré de deux tendeurs frangés, en train de fumer son cigare, les santiags pédalant au rythme de la mélodie pour sonnette en mi mineur ?

Allez y, faites le pédaler dans votre tête, ajoutez si ça vous plaît des buissons roulants dont on ne se souvient jamais le nom, un chaton dans son panier de guidon, faites le faire une petite figure débile quand il passe devant le bar dans lequel travaille Suzy, mais surtout, surtout, je vous en conjure, faites le pédaler dans une ligne droite.

Parce qu’avec les santiags, je l’ai appris à mes dépens ce week-end, il est impossible de négocier le moindre virage ; la pointe bloque la roue, l’empêchant de tourner. Et si on se rend compte de la résistance à tourner sans en comprendre toutefois la cause et qu’on donne un grand coup de guidon dans l’urgence du virage, cela fait déraper le pied de la pédale.
Et cela imprime une Lilli à santiags sur le trottoir, donc.
Oui, juste à côté de la Lilli en compensées quand elle a essayé de courir.
Pas loin de la Lilli à rollers qui est tombée en essayant de fuir un yorkshire qui la coursait, c'est cela même.

Donc, pourquoi les cow-boys se déplacent-ils à cheval ?
Parce qu’il n’est pas possible de faire du vélo en santiags.

La semaine prochaine, si vous le voulez bien, nous répondrons à la question : « pourquoi les cow-boys ne se déplacent pas en clio ? »
En vous r’merciant.


* Teu teu teu, on ne lève pas les yeux au ciel ni n’émet de petit « mbof » lorsque j’énonce des vérités planétaires.
** ça se voit, là, que j’ai pris des cours d’équitation quand j’étais petite alors que j’étais totalement terrorisée par les chevaux mais que je voulais tout faire comme ma grande sœur ?
*** Oui oui, tout ça aussi c’est du vécu, j’ai juste omis de préciser que sur les 800m, il y avait dans les 600m de ronces et d’orties et 200m de cailloux pointus ; au final, vêtements lacérés, ma soeur à la pince à épiler, pas de bleus, non, UN gros bleu continu, et des courbatures pendant 10 jours.