Youpi Rintintin

J’aime bien Noël. Y’a du champagne, des gâteaux, des bougies, des cadeaux et tout ça sans se prendre la moindre année dans les dents.

Cette année, si j’en juge par mon retour en train après les ripailles de Noël, le cadeau numéro un a été : le chaton vivant. Le bon chaton toutes options : cordes vocales longue durée et évacuation des eaux usées intégrées (un pur bonheur, un wagon dans lequelle une dizaine de chatons effrayés se sont abandonnés).

J’ai eu beau montrer ma toque en fourrure et mimer l’égorgement avec mon pouce, le spécimen blanc d’à côté ne s’est pas démonté et a continué à converser avec ses camarades chatons de ce qu’ils avaient eu comme cadeaux (à vue de nez, des boîtes de transport en plastique, du Sheba Foie gras d’oie aux truffes du Périgord et sa cassolette d’haricots verts à l’étuvée et des dindes en guise de maîtresses).
Y’a des fois où trois heures, c’est vraiment long, surtout quand on n’a pas pensé à recharger son Ipod.

Dans ces cas là, quelle nuisance opposer ?
Il paraît qu’éventrer les bestioles et pendre leurs maîtresses respectives avec les jeunes boyaux encore chauds est disproportionné. Les seules idées nuisibles étant toutes de cet acabit, les proportions n’étant de toute évidence pas mon fort, j’ai dû me résigner à prendre mon mal en patience.

J’ai donc pu regretter longuement le fait d’avoir demandé un Nabaztag/Tag qui a un taux de nuisance à 0 dans ce cas de figure. Les trains ne sont en effet pas prévus pour accueillir des lapins Wifi communicants, il m’a donc été impossible de jouer avec mon nouvel animal de compagnie comme les autres bécasses.

Depuis, je me rattrape. Wipsy, de son petit nom, est abonné à tous les flux RSS que j’ai trouvé, ainsi qu’aux news météo, qualité de l’air et podcasts. On peut même m’envoyer des messages qui seront lus par le lapin (colonne de gauche, Un truc à dire en privé ? > Lapin communicant ouvrira une nouvelle fenêtre dans laquelle vous pourrez taper et envoyer un message) Pas une minute de silence dans l’appartement depuis que la bête est configurée.

Le Gru et moi sommes dans l’attente perpétuelle de l’information de dernière minute de tous les sites qui publient des news, de l’actualité politique en passant par celle des têtes couronnées ou des sportifs.

Exemple concret :
Il y a un lustre, nous nous rendions 20 fois par jour sur le blog de Boulet, en attente de la nouvelle note.

Ensuite, avec les Bloglines et autres Netvibes, nous l’avons intégré à nos lecteurs respectifs de flux RSS, et nous nous prévenions mutuellement en hurlant « Ouééééééé y’a un nouveau BouleEEeEEeEEeEet ». Ce à quoi l’autre répondait « hiiiiiiiiii ! »

Maintenant, c’est Wipsy qui nous le dit, donnant le signal de départ d’une course pendant laquelle tous les coups sont permis pour accéder en preum’s aux ordinateurs.

A la fin du mois, on pourra faire un podium d’éclopés. Pour l’instant c’est le sapin qui gagne.

Le mot de la fin reviendra à Monsieur Muche, quelques décades au compteur « La technologie c’est beau, surtout avec des loupiottes rigolotes et des oreilles qui tournent toutes seules. »


Vous savez… ?

Vous savez le bruit que ça fait, une poubelle en fer, quand ça s’écrase sous le poids d’une Eulalie qui vient de rater la marche d’un escalator du Monop’ alors qu’elle remontait en courant vers les caisses ? Moi, oui.
Et depuis peu, environ 400 personnes le savent également.

Vous savez, vous, l’effet que ça fait, 400 personnes qui tournent la tête en même temps pour vous fixer intensément de leurs deux yeux, quand on est en train de se laisser remonter, le souffle coupé, avachie sur une poubelle encastrée les marches ?
Moi, oui.

Vous savez le son que ça fait, une poubelle en fer, quand on la désincarcére d’un escalator ?
Moi, oui. Et depuis peu, les 400 paires d’oreilles reliées aux 400 paires d’yeux aussi.

Vous savez ce que ça fait, d’abandonner une poubelle détruite qui a sacrifié sa vie pour sauver la vôtre, puis d’aller chercher un second modèle dont la loyauté reste à prouver ?
Moi, oui, et je n’en suis pas fière.

D’ailleurs, je quitte le Monop pour la Fnac.

Vous savez ce que ça fait, quand votre lacet est défait et que son extrémité cerclée de plastique se coince dans la rainure d’une marche d’escalator ?
Au début, rien.

Vous savez ce que ça fait quand vous arrivez tout en haut et que votre pied reste désespérément lié à la marche ?
Moi, oui. Ça permet de lire les petits caractères de la boîte du Home Cinéma, tranquillement allongée sur le ventre. Le tout est de faire abstraction du demi million de personnes venues faire leurs emplettes de Noël qui sont en train de vous marcher dessus. Parce que réussir à faire illusion, « oui non, c’est normal, voyez, je préfère lire comme ça, voyez, c’est plus pratique pour les petits caractères, voyez » en est justement une, d’illusion.

Vous savez ce qu’elle a décidé, Eulalie, pour son intégrité physique et psychologique ?
Qu’elle ne porterait plus de chaussures à lacets et qu’elle ne prendrait plus les escalators. Plus de petites baskets de ville et priorité aux escaliers : se tordre les chevilles et se faire des ampoules, c’est teeeeellement plus glamour !


Eul' dév, châtain honnête

"JE N'AI RIEN DANS LE PANTALON !!!"

Et ça va mieux en le disant ! Non ?